Pourquoi reste-t-il des télévisions hors des décharges ?

Lord Vlad Réflexions 2017-10-09
En essayant d'être objectif


Pourquoi est-ce que la télévision a encore la moindre audience alors qu'elle est techniquement dépassée, pourquoi existe-t-elle encore, au fond ?

Par inertie, sans doute, c'est la seule chose qui la tient en place contre la montée des ordinateurs.

Notez que dans tout cet article, je ne parle de la télévision que comme média, je n'effleure même pas son contenu, car si je parle du contenu, ça risque de se tranformer en déferlement de haine.

Autant, je comprends encore bien la subsistance de la radio, qui profite d'un contexte tout à fait différent, le moment pour l'écouter n'est pas le même et bien qu'il existe des web-radios, on est loin de pouvoir les capter un peu partout comme on le peut avec les ondes à basses fréquences, dite ondes radio. Dans ce cas, c'est l'accessibilité qui sauve. Les jeunes ont leurs radios, les vieux ont leurs radios, elles sont toutes écoutées, car on a pas toujours sur soi un répertoire de la musique que l'on aime, l'accès aux dernières informations, ou pas de moyen de le diffuser alors que tout ce qui capte la radio possède au moins un haut-parleur. La radio n'a pas la place qu'elle avait d'antan, mais elle est très loin d'être morte. Du moins jusqu'à ce que quelqu'un crée un mini-ordinateur spécifiquement fait pour diffuser des web-radios avec du wi-fi ou un réseau mobile très accessible, pour le même budget qu'un poste radio.

Les journaux sont morts, les magazines, sans injustice, lus dans les salles d'attente des médecins et dans les toilettes, pour ceux qui sont encore réticents à utiliser un téléphone pour s'y distraire. Les journaux ne couvrent plus leurs frais et sans les aides de l'état et sans les institutions qui en achètent un grand nombre, aucun journal ne survivrait. Plus personne ne les lis sinon les vieux profs de géographie politique, bientôt, le mur couvert d'articles de journaux sera un stéréotype périmé. Tant mieux ou tant pis, ils n'ont pas l'utilité et la versatilité de la presse digitale, vidéo ou écrite, ils sont dépassés en tout points sinon qu'ils sont plus faciles à découper pour en faire des lettres anonymes rétro, pour les lettres anonymes modernes, une simple imprimante fait l'affaire.

Les magazines sont la pire partie des journaux, mais étrangement, c'est celle qui survit le mieux, le format un peu plus soigné, sans doute, l'audace de montrer des images, peut-être, l'inventivité, peu importe, ils se battent pour leur survie, car ils n'ont pas, eux, de soutiens. Ils profitent probablement également de l'inertie, mais dans une moindre mesure que la télévision, car ils ont peut-être pour eux le charme du support, le papier glacé et la sporadicité des publications comparé à un journal qui est le plus souvent quotidien. De plus, comme il existe des magazines pour un peu tout, ils profitent tous de leur propre économie de niche.

Déjà maintenant, la télévision, si elle n'en est pas à ses derniers jours, n'a rien de nouveau à offrir et est condamnée à mourir lentement ou à finir vivotante comme les journaux. Les ordinateurs sont là depuis un moment, mais ils avaient auparavant un retard de perfectionnement, un retard dans l'accessibilité et dans la proportion de population équipée. La télévision avait un large marché que l'ordinateur, considéré comme trop technique, ne pouvait atteindre. Mais maintenant que la plupart des vieilles personnes de cette époque sont décédées, paix à leur âme, et que la plupart des foyers sont équipés d'au moins un ordinateur, sinon les bibliothèques et autres institutions publiques en mettent à disposition, la télévision n'a plus cette avance. D'ailleurs, les journalistes eux-même le voient et les sites des journaux sont de mieux en mieux faits et proposent des abonnements servant à rester rentable. Les journaux télévisés sont depuis longtemps rediffusés sur les sites des chaînes de télévision et les émissions qui ne valent pas vraiment la peine d'être vues ne sont pas regardées sur internet.

Internet a cet avantage très largement connu et évoqué du choix, on a sur internet, comparativement à la télévision, un choix immense, car tout ce qui est en ligne est disponible très rapidement et à toute heure. Contrairement à la télévision où l'on doit attendre ce que l'on veut ou se contenter de ce que l'on a. En gros, on peut avoir cent chaînes, mille chaînes, le média ne permet tout simplement pas la versatilité d'internet.

Je dirais volontiers aussi que la publicité sur internet est moins intrusive, mais elle a depuis quelques années évolué pour arriver au moins au même niveau de gène. Cependant l'interface d'internet, le navigateur, permet de les retirer grâce à des programmes très pratiques appelés bloqueurs de pub. Cela permet de se protéger des sites vraiment intrusifs, car il y en a, c'est vrai, où la navigation est rendue terriblement difficile par la publicité qui se trouve partout, sans pour autant pénaliser ceux que l'on veut soutenir en regardant les publicités, car tous les bloqueurs de pubs ont la possibilité d'établir une liste de sites non concernés par le blocage, ou liste blanche. Il est plus ou moins possible, mais largement moins pratique de se débarrasser de la publicité à la télévision. Que je sache, il faut la regardé en différé et passer manuellement les pubs.

La vérité absolue et sans filtre est très difficile à trouver et une source d'information fiable est difficile à trouver. Cependant, une chose certaine est qu'il est largement improbable d'en trouver une à la télévision. Toutes les grandes chaînes de télévisions sont possédées par quelques ultra-riches qui ont un droit de véto absolu et dont les intérêts sont purement privés. Ils possèdent ces médias le plus souvent à perte, car ils ne sont pas rentables, mais ils permettent d'influencer largement l'opinion populaire. Ainsi ce n'est pas les manipulations qui manquent dans ces médias. Entre les traductions trafiquées, les images prises n'importe où, avec une légende qui sert le narratif poussé à ce moment, ou encore les simples et éhontés mensonges, basés généralement, sur des sources obscures et moins que fiables, mais dont les noms sont particulièrement choisis pour inspirer la confiance. Les grands médias télévisés ont prouvé de nombreuses fois leur absence totale de neutralité, tous, individuellement, là où au moins, certains sites d'informations alternative donnent une autre version et semblent libre d'allégeances et de mensonges.

Le simple accès au média, en tant que créateur, devrait être révélateur. Pour accéder à la télévision, le processus est long et extrêmement sélectif, les gens qui tiennent déjà la télévision sont aussi ceux qui cooptent les nouvelles personnes, ou qui les invitent à venir parler dans leur plage d'expression. C'est donc un système qui est entièrement fermé aux nouveautés et aux opinions contraires, qui si elles sont permises sont en tous cas lourdement régulées, il suffit de regarder n'importe quel débat télévisé pour remarquer que si une personne a été invitée pour représenter l'opposition, elle est toujours seule contre tous les autres et le public a été sélectionné avec beaucoup d'attention pour également être contre cette personne et ce qu'elle défend. Internet, par contre n'a aucun processus sélectif, chacun est libre d'acheter un nom de domaine et de créer son site. L'accès aux grands sites est peut-être régulé, mais le média en lui-même ne l'est pas, à moins que le pouvoir en place bloque un jour pour tout opposant l'accès aux référencement.

Si le seul avantage encore existant de la télévision est de laisser les indécis se distraire, alors je peux probablement trouver bon nombre de sites qui remplissent cette même fonction et peuvent même mettre fin à l'indécision.


Commentaires

Il n'y a pour l'instant aucun commentaire. Soyez le premier !