Inventaire mental

Lucidiot Productivité 2017-07-23
J'ai tenté d'appliquer une technique proposée sur le blog du Bullet Journal.


D'après mon journal, c'est le dimanche 19 février 2017 que j'ai tenté de réaliser une technique que j'avais lue le jour précédent sur le blog officiel du Bullet Journal : l'inventaire mental. Cette petite technique de productivité, qui s'est faite sur deux pages dans mon journal, s'est avérée plutôt utile et j'en vois les conséquences positives quelques mois après. J'ai donc jugé intéressant d'en faire une traduction française et surtout d'y apporter mon expérience. Une grande partie de cet article est donc une traduction directe à la main (pas de Google Traduction !) de l'article du blog, mais j'y ajouterai mon grain de sel.

Des études montrent que nous avons environ 50 000 pensées par jour. Beaucoup de ces pensées sont à propos des — ou le résultat des — tâches auxquelles nous nous attelons. Il n'y a jamais suffisamment d'heures dans une journée, n'est-ce pas ? En tant qu'adulte, on appelle ça « être occupé. » Être occupé ne veut pas dire être productif. Pour la plupart d'entre nous, c'est juste l'art d'être submergé de boulot. Et c'est le résultat de l'écrasante quantité de choix que nous devons faire dans nos vies modernes.

Bien que ce soit un privilège, la liberté du choix a un véritable prix. Chaque choix nécessite de nous une prise de décision. Chaque prise de décision nécessite de la concentration. Et la concentration nous coûte notre devise la plus chère : notre énergie et notre temps. Nous n'aimons pas penser à comment investir notre énergie et notre temps, parce que c'est en fait très lourd. Nous ne pouvons pas constamment tourner en rond et nous demander « que voulez-vous faire de votre vie ? » Ce serait terriblement fatiguant.

C'est comme aller au supermarché en ayant faim mais en n'ayant aucune idée de ce que vous voulez manger. Vous entrez et êtes immédiatement submergé par les innombrables choix disponibles dans les rayons. Vous finirez par juste prendre au hasard toutes sortes de choses dont vous n'avez pas besoin, des choses qui s'ajoutent à votre placard de la honte, ou d'autres choses qui seront négligées et tourneront mal. C'est le bordel. Pire, c'est bien souvent un gaspillage.

La fatigue décisionnelle est une véritable maladie et elle peut conduire à l'évitement des décisions. Plutôt que de s'occuper des choses, on va juste continuer à les ranger dans son « placard mental » jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place pour penser clairement. Cela cause beaucoup de stress et d'anxiété puisqu'on se sent perdre le contrôle. Il faut de la place dans son mental pour obtenir un peu de perspective. Alors comment fait-on pour gagner de la place ?

De la même manière que l'on nettoie un placard, la première étape est de tout enlever. Externaliser ses pensées en remettant en ordre sa conscience. Asseyez-vous avez une feuille de papier et listez tout ce sur quoi vous travaillez, devriez travailler et voulez travailler. Créez un inventaire mental.

Cet inventaire mental vous donne une image claire de la manière dont vous investissez votre temps et votre énergie. Maintenant, demandez-vous pourquoi vous faites ces choses. N'y pensez pas trop dur, demandez-vous simplement si ces tâches valent le coût d'être faites, ou si elles n'ont aucun sens et par conséquent vous tiennent en otage. Dans le dernier cas, j'appelle ça des distractions.

Nous nous donnons inutilement et en permanence des responsabilités tout le temps. Nous sommes tellement distraits par toutes les choses que nous devrions faire que nous en oublions de nous demander pourquoi nous les faisons, et si nous voulons vraiment les faire. Maintenant, vous avez cet inventaire mental pour vous le rappeler.

Pour chaque élément, posez-vous deux questions : 1. Cette tâche est-elle vitale ? (pensez par exemple au loyer ou aux impôts) et 2. Cela a-t-il un intérêt pour moi ou pour un proche ? Si la réponse est non pour les deux questions, vous avez trouvé une distraction. Barrez-la de votre liste. Au fil du raccourcissement de votre liste, vous êtes de moins en moins distrait.

Ce processus peut être très utile avant de mettre en place un Bullet Journal. C'est comme jeter tout ce que vous n'aimez pas ou plus quand vous déménagez. Lâchez les poids morts et n'apportez que ce qui continue à vous inspirer.

Qu'allez-vous apporter ?

Mon expérience

Tout d'abord, à la simple lecture, je me suis senti touché en plein cœur. J'avais bien senti à ce moment-là que plusieurs choses me dérangeaient ou me faisaient perdre mon temps, mais je n'avais pas vraiment eu le courage de prendre le temps de prêter attention à ces doutes et de m'organiser. Alors j'ai décidé d'essayer cette méthode, bien qu'elle repose énormément sur une certaine force mentale pour s'y tenir, et que j'en manque beaucoup et que j'ai très facilement tendance à perdre les pédales sur ce que je fais.

Cet article est un peu décalé par rapport au contenu usuel du blog, dans le sens où il est bien plus abstrait et ne montre par exemple pas comment l'implémenter dans un Bullet Journal. Mais tant pis, ce n'est pas bien compliqué de toute façon ; j'ai donc ouvert une double-page vide et j'ai commencé à écrire sur la page de gauche tous les projets sur lesquels je travaillais : mes études pseudoscientifiques, toutes ces histoires de Bullet Journal et de productivité qui n'étaient pas encore devenues une habitude complètement intégrée à ma vie, la nouvelle version de Brainshit, l'obtention du BTS et la préparation à ma formation suivante, ainsi que bien d'autres choses.

Le simple fait de faire cette liste de manière honnête avec moi-même fut assez compliqué ; à chaque fois que j'ajoutais quelque chose, je réfléchissais d'ores et déjà à la question de la distraction, et comme d'habitude dans beaucoup de choses que je fais, je réfléchissais trop. Mais j'ai finalement réussi à établir cette liste, ce qui est déjà un bel accomplissement pour moi.

La deuxième étape était donc de tout trier. J'ai utilisé un code couleur : bleu pour ce que je suis en train de faire actuellement, vert pour ce que je veux faire, et rouge pour ce qui est important à faire. J'ai ainsi ajouté des petits traits de couleur à côté de chaque élément, jusqu'à finalement réaliser qu'il y a certains éléments pour lesquels je n'avais ni envie, ni besoin et sur lesquels je ne travaillais pas. Ça a déjà commencé à nettoyer mes projets.

Enfin, il n'y avait plus qu'à établir une liste, ordonnée de manière chronologique pour m'obliger à bien prioriser les choses, de ce que je devais faire. Je devais ainsi allouer avant toute chose le temps nécessaire, sans exagérer, à mes études. Ensuite viennent Habitica et mon Bullet Journal, qui me sont à présent devenus presque une nécessité, et les études pseudoscientifiques, quand le temps et l'envie me sont présents. Enfin, je devais tout simplement réaliser les projets dans l'ordre de leur importance à mes yeux ou de l'intérêt qu'ils peuvent représenter, à commencer donc par la nouvelle version de Brainshit.

Je me suis également ajouté de tout faire pour me débarrasser le plus vite possible des distractions sur lesquelles j'utilisais d'ores et déjà mon énergie et surtout retirer tout ce qui pourrait faire obstacle à ces objectifs, comme entre autres mon PC très mal organisé qui me déprimait un peu. Un bon gros tri, un formatage, et tout ira mieux.

Ma vision toujours pessimiste des choses me faisait penser que cet inventaire mental allait juste être là pour me faire plaisir et me satisfaire d'avoir organisé une fois de plus ma vie comme tout bon procrastinateur, mais ça a été plus loin que ça. J'ai toujours tendance à attendre une certaine validation de la part de proches, puisque mes décisions ont toujours été prises par d'autres personnes durant mon enfance, y compris les plus simples — ce qui fait que je ne suis souvent que très peu capable de décider de choses sur un coup de tête, même juste choisir entre une glace vanille ou chocolat par exemple. Par conséquent, je me suis senti un peu coupable en continuant certaines des distractions que je ne pouvais pas interrompre immédiatement, et ça m'a forcé à tout arrêter.

Pour une fois, ma personnalité extrêmement influençable et dénuée de toute confiance en soi m'a été utile. Entre temps, j'ai même réévalué certains éléments que j'avais décidé de garder en des distractions, nettoyant encore plus mes objectifs. Et malgré une certaine tentation pour ces distractions, j'ai finalement réussi à me reconcentrer et je suis maintenant bien plus efficace. À l'inverse de ce que j'ai pu penser, ça a vraiment fonctionné, et c'est une nouvelle étape dans ma lutte contre le TDA/H.


Commentaires

happydaddyfr, 2018-02-13

Merci pour m'avoir envoyé le lien vers cet article.
Ça me parle énormément !
Cette semaine je me dégage du temps en soirée pour bosser sur cet inventaire mental ! (et j'en profite pour le mettre en point d'honneur sur Habitica ^^)